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Poème à moi‑même
By Endre Farkas (Tr. Carole Beaulieu)
Jun 30, 2005, 13:59

Il y a une odeur dans l’air

Comme d’un dimanche sans enfant,

La pourriture tranquille des possibilités,

une vieille maison avant qu’elle s’effondre.

 

Cela

Tout juste après m’être éveillé

D’une sieste d’après‑midi,

Tout juste après avoir lu un poème

Sur un amour sans substitut.

 

Ces jours‑ci je me contente

Du lent écoulement des glaçons

Et du pas fantôme d’un enfant

Dans des escaliers qui ne m’ont jamais appartenu.

 

Il y a un parfum de lavande

qui émane des tubes d’oxygène

vendus à l’angle du boul. St‑Laurent

et de Duluth par des étrangers sympathiques.

 

Et nous entrons pour renouer notre amitié

Trop longtemps partie

Se regarder dans les rues enneigées

dans trop de villes qu’elle ne veut pas habiter.

 

J’en ai plein le dos

de me maintenir et d’écouter

des amis dont la vie

a toujours été plus importante

que l’air confiné, mais de justesse.

 

Donc, je suis humilié et je trébuche

vers le sommeil solennel

qui sent le dimanche après‑midi terreux



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