Il y a une odeur dans l’air
Comme d’un dimanche sans enfant,
La pourriture tranquille des possibilités,
une vieille maison avant qu’elle s’effondre.
Cela
Tout juste après m’être éveillé
D’une sieste d’après‑midi,
Tout juste après avoir lu un poème
Sur un amour sans substitut.
Ces jours‑ci je me contente
Du lent écoulement des glaçons
Et du pas fantôme d’un enfant
Dans des escaliers qui ne m’ont jamais appartenu.
Il y a un parfum de lavande
qui émane des tubes d’oxygène
vendus à l’angle du boul. St‑Laurent
et de Duluth par des étrangers sympathiques.
Et nous entrons pour renouer notre amitié
Trop longtemps partie
Se regarder dans les rues enneigées
dans trop de villes qu’elle ne veut pas habiter.
J’en ai plein le dos
de me maintenir et d’écouter
des amis dont la vie
a toujours été plus importante
que l’air confiné, mais de justesse.
Donc, je suis humilié et je trébuche
vers le sommeil solennel
qui sent le dimanche après‑midi terreux