Au bout de l’île
où l’eau nage jusqu’à la grève
et monte sur la terre
et la terre s’agenouille,
et s’effondre dans l’eau.
Les goélands décrivent des cercles, des spirales, puis plongent
et saisissent des palourdes
pour les laisser tomber sur les pierres pour s’ouvrir
et, comme des goélands,
ils crient, se chamaillent
et se disputent la chair tendre
les pêcheurs hameçonnent des vers
grouillants pour le sport
et lancent leurs lignes dans l’eau morte
et, comme des ornements de jardin, ils s’assoient et attendent.
Des amants déambulent main dans la main
bras dessus, bras dessous, cœurs enlacés
tripes fiancées, âmes mariées
et engagés dans d’autres prises désespérées
pour voir la relève de la garde :
le lent coucher du soleil,
le lent lever de la lune.
D’autres grimpent sur les ponts rouillés
et sautent.